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Pourquoi il faut en finir avec le vocabulaire des écologistes

On entend de plus en plus de notions, de concepts et de néologismes liés à l’écologie. Le terme "éco-citoyen" en fait partie. Commençons par celui-ci…


L’éco-citoyen serait une version nouvelle du citoyen

L’éco-citoyen serait même un citoyen dont les deux pieds sont ancrés dans la terre. Une notion parfaitement artificielle et hors sol, justement. L’idée de citoyenneté présuppose qu’un individu dispose de droits civils et politiques ainsi que de devoirs. Ceux-ci sont fixés par la loi du pays dans lequel il vit. C’est donc l’État qui la fait respecter. Parmi ces lois, certaines visent à protéger l’environnement. Ce sont donc ces lois qui feront que le citoyen respecte l’environnement. Dès lors, parler d’éco-citoyenneté fait preuve d’un double aveu d’impuissance. D’abord parce que cela signifie qu’on abandonne la loi pour aller vers la bonne volonté, or la bonne volonté n’a jamais permis de faire société, ensuite parce que cela sous-entend que le civisme n’implique pas le respect de l’environnement. Or, tout l’enjeu est là ! Faire en sorte qu’il ne soit pas nécessaire d’ajouter le préfixe "éco" pour que la citoyenneté oblige à la préservation de son environnement. Voici la véritable lutte ! La difficile, car il ne s’agit pas de marteler un nouveau mot, la chose est confortable, mais de faire bouger les lignes par le biais du législateur…


Un préfixe totalitaire, qui accentue la fracture

Ce préfixe, revenons-y. La langue a son importance… L’écologie ne doit pas englober tout le reste ! Démocratie, citoyenneté, politique… Elle en deviendrait totalitaire. Si on parle d’éco-démocratie, alors l’écologie prend le pas sur la démocratie. Ce serait d’ailleurs l’aboutissement de l’éco-citoyenneté. La chose est dangereuse, car la démocratie ne doit jamais changer de nom, ni accepter qu’on lui accole une condition préalable, sinon elle n’est plus démocratie… En revanche, l’écologie doit être présente partout. Ce qui est sensiblement différent. L’écologie n’est pas une religion, ni un dogme. Car "l’éco-citoyen" produit des "éco-gestes". Parler d’éco-gestes est parfaitement contre-productif. L’écologie étant une préoccupation universelle, il faut à tout prix éviter d’employer un jargon élitiste excluant une très large partie de la population qui parle un français correct et précis, dans lequel il n’est pas besoin d’inventer des mots creux pour évoquer des concepts flous. L’expression éco-citoyen, c’est la victoire du marketing sur l’écologie, rien de plus…


Revenir aux fondamentaux

Le civisme implique que les citoyens agissent dans l’intérêt commun. Ce souci de l’environnement y participe. Alors faisons plutôt en sorte qu’il porte ses fruits à l’assemblée ainsi que dans tous les régimes du monde plutôt que de nous asseoir sur nos fondamentaux républicains et d’imposer un vocabulaire qui divise encore plus car il n’a plus rien de concret…